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Jean Jacques Purusi  Sadiki

Présentez-vous brièvement et dites-nous pourquoi aviez-vous choisi l’ISP-Bukavu?

Jean Jacques Purusi  Sadiki. Departement d'Histoire: 1986-1991. Docteur en Sciences Sociales et Politiques (Université de Gand, Belgique).  Actuellement Chercheur et Professeur visiteur (notamment à l'ISP Bukavu), je coordonne à ce jour, en qualité de consultant, un programme de recherche sur "l'intégration de la femme et du genre au sein des institutions du secteur de la sécurité au sein des pays membres de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour la fondation suisse "Geneva Centre for the Democratic Control of Armed Forces" (DCAF).
J'ai choisi l'ISP, car, dans
ma conception de chose, c'est la seule institution universitaire, formatrice des formateurs dans la région. De ce fait, elle contribue au mieux au développement de notre pays et de l'ensemble de la région, à travers l'éducation et l'enseignement. Je voulais faire partie d'un tel projet et j'en suis très fier et reconnaissant.

Parlez-nous de votre séjour à l'I.S.P- Bukavu (études, durée, autres...)

Je suis entré à l'ISP à la rentrée académique 1985-1986 en G1 Anglais (pour quelques semaines) avant d'intégrer la G1 Histoire-Sciences Sociales. Graduat en 1989. Puis en L1 et L2 Histoire, que je n'ai pas pu terminer, car, alors Vice-Président puis Président du Conseil des Etudiants, nous avions coordonné une manifestation contre la misère généralisée et notamment étudiante, la dictature en place, une initiative qui nous a valu la condamnation politique du régime en place, l'arrestation des "meneurs" et sans doute, la fuite et l'exil de l'ensemble des membres du Conseil des Etudiants". C'est à titre qu'en 1990-1991, moi-même, Lwangi Saheh (Belg.), Tonton Zalugurha (Belgique), Josaphat Balegamire (Suisse) avions pris la fuite.

Avez-vous un nom (prof, étudiant, personnel) qui vous a marqué a l'I.S.P. Bukavu et dites-nous les raisons?

Tout le personnel de l'ISP sans exceptions, des autorités aux classes ouvrières nous ont marqué. Gentils, très professionnels, donnant des conseils pour nous guider dans la vie, j'ose croire que les meilleurs souvenirs de ma vie sont à situer à mon séjour. On vivait bien. J'avais 4 voire 6 extras (Prof. à Muku, Nidunga, Nyakavogo, etc.), des précéptorats à Kamembe et en plus "Chroniquer de plusieurs émissions à l'OZRT". On avait des moyens, je pouvais même supporter des petits au village et payer mes études. Bien entendu, CT. Khaligo Kakule, Birhalakeka Njiga (malheuresement aujourd'hui décédés), Prof. Kabemba Assan, CT Usungu Jacques, Kirhero, Sadiki Shanyungu ou le Gd Prof. Bishikwabo, etc. et les visiteurs du Rwanda, du Burundi, tous m'ont fort marqué et aidé, si bien qu'une fois en Europe, j'ai très bien réussi mes études, que ça soit à l'ULB (Licences, spécialisations) ou à l'Université de Gand, c'est là où on comprend qu'à l'ISP, c'était et ça reste du sérieux, du solide malgrès les difficultés en tout genre, la maison est bien gardée par nos ainés et nos jeunes qui dirigent sur place. C'est ça aussi l'ISP.

Quel souvenir gardez-vous encore de l'I.S.P. Bukavu?

Souvenirs ?
On avait des matchs de Basket, de Volley et de Football, des équipes de haut niveaux. J’étais capitaine de Volley Ball, un sport appris chez nous, à l'IRS Lwiro. On s'amusait très bien. Alors, tous les dimanches, les équipes venaient et un ami et collègue (Deprt d'Anglais) du nom de "BALINGIBISO TE SEMA" (nom et prénoms SVP) de Kisangani je crois avait une très grosse radio cassette (20 ans plus tard, même en Europe ou aux USA, je n'en ai jamais une aussi imposante à ce jour) s'amusait à arroser la musique de Zaiko, Langa Langa Star, Choc Star, etc. à un public massif, qui n'en demandait pas tant.
Nous ont marqué aussi, des amis et collègues comme Ezadri Eguma Ewa, Grodya Lodza, Juvet Migabo (dit "Mig 21"), Ecric CHIRIM, des petits frères comme " le petit MUZALIA" (actuellement en thèse à Gand), des Grand frère comme Mandro Kalongo (L2H), ou Mwenze Kongolo (président de la Comm. protestante de l'ISP) qui suivra la voie politique avec les Kabila.

Avez-vous une proposition à soumettre pour la rénovation de notre site?

La proposition à soumettre ? C'est difficile, car les conditions difficiles, l'absence ou du mois l'insuffisance étatique dans la prise en charge de ses responsabilités, la crise politique, etc. tous ces éléments qui font que l'ISP, comme plusieurs autres institutions fonctionnent dans des conditions très difficiles, voire spartiates. A part encourager les dirigeants actuels comme les étudiants et le personnel à continuer à donner le meilleur d'eux-même pour que perdure cette flamme qui a fait des milliers des gens ce qu'ils sont aujourd'hui. Et à les féliciter tous pour leur extraordinaire dévouement. Tenter aussi des mobiliser des amis et contacts susceptibles d'aider l'institution à mieux évoluer, nous nous y employons.

Travaillez-vous dans le même domaine de vos études faites à l'I.S.P.?

En terme du travail, pas spécialement car la vie nous a imposé des parcours différents de notre formation initiale. Mais, la base de tout reste l'ISP Bukavu sans aucun doute. Après l'ISP, j'ai étudié l'Administration et la Gestion des Entreprises à l'Université Libre de Bruxelles (Licence), puis un certificat en "Analyses des Régimes Politiques Comparés" (Sc. Pô) dans la même université avant de faire une thèse à Gand. Professionnellement, j'ai fait 14 ans aux Nations Unies dans différents-Droits humains, peacekeeping, gender, etc.- (Haiti, Kosovo, Rwanda, Liberia, Togo, Sénégal, et récemment au Soudan) avant d'arrêter pour quelques années. Je suis dans la recherche et la formation. Comme cela se voit, l'enseignement, l'histoire et les sciences sociales (bases de l'ISP) sont quelque part présents dans ce processus.

 Si vous avez la chance de diriger l’ISP-Bukavu aujourd’hui, quelles seraient vos priorités?

La chance de diriger l'ISP ? Aucune probabilité, même en terme d'hypothèse. Cela dit ce sont des réalités politiques que traverse le pays qui déterminent la situation de nos institutions de recherche. Le jour ou on aura des dirigeants (politiques) qu'il faut aux places qu'il faut (ce qui est très loin d'être le cas), la crise du leadership étant le principal problème de notre pays, on aura aussi une "politique universitaire" adaptée à la réalité de notre pays et de la région. On en est
pas là. Le tout est entre les mains des politiques, capables de créer d’enclencher une dynamique économique et socio-politique" capable de lancer la croissance, de créer des emplois et de former des jeunes éléments, compétents et capables à même d'être absorbés par le marché local, dans un équilibre entre l'offre et la demande. Les richesses, le potentiel et le courage de nos populations devraient faciliter cette dynamique, si seulement on avait "un leadership éclairé", or, cela fait cruellement défaut.

Mot de la fin…

Sincères félicitations aux concepteurs de ce site, aux anciens et nouveaux étudiants de l'ISP, à tout son personnel. Le travail et seul le travail détermineront notre avenir, et l'avenir de cette belle aventure que l'ISP et le pays dans son ensemble. Aussi, une pensée à tous les étudiants, enseignants, travailleurs de l'ISP qui ne sont plus de ce monde.

Que le BonDieu daigne les accueillir auprès de lui.